Naître · Croître · Traverser · Renaître
Le Griffisme™ n’est pas né d’une décision.
Il est né d’un chemin.
Au commencement, il y avait simplement le besoin de peindre. Une pratique encore discrète, presque intime, dans laquelle je cherchais sans savoir précisément ce que je cherchais.
Je suis passé par différentes approches, différentes écritures, différentes manières de construire l’espace et la couleur. J’explorais, j’expérimentais, je cherchais une forme qui puisse réellement m’appartenir.
À ce moment-là, rien n’était encore défini.
Mais quelque chose était déjà là : Une attirance pour la matière, pour la couleur, pour le mouvement, pour ces formes qui semblent parfois surgir de la peinture elle-même.
Le chemin commençait.
Avec le temps, l’exploration est devenue recherche.
Chaque expérience m’éloignait un peu davantage de la volonté de reproduire une forme pour m’approcher de ce que je ressentais réellement lorsque je peignais.
J’ai progressivement compris que ce qui m’intéressait n’était pas seulement l’image finale, mais ce qui se passait pendant sa création.
La couleur devenait plus libre.
La matière prenait davantage de place.
Le geste gagnait en importance.
Je découvrais peu à peu qu’une peinture pouvait naître d’un mouvement plutôt que d’une construction préalable.
Cette évolution n’a pas été linéaire. Elle s’est faite par essais, par détours, par intuitions et par découvertes successives.
Mais quelque chose se précisait : ma sensibilité trouvait progressivement son propre langage.
Puis est venue une période différente.
Quelque chose s’est déplacé dans ma manière de peindre.
Le geste n’était plus seulement un moyen de construire la toile. Il devenait le lieu même où quelque chose se jouait.
Certaines œuvres ont fait surgir une intensité nouvelle. Le Courroux, Déflagration, Magma et d’autres peintures ont marqué cette évolution.
La matière s’est faite plus physique, plus profonde, parfois plus violente.
Le geste s’est amplifié.
Il pouvait devenir tension, arrachement, impact, cri parfois.
Je ne cherchais pourtant pas à produire cette violence. Elle apparaissait parce que quelque chose en moi avait changé.
C’est dans cette traversée que j’ai commencé à comprendre que le geste pouvait traduire un état intérieur avec une force que je n’avais jamais consciemment recherchée.
La peinture devenait alors plus qu’une construction plastique.
Elle devenait une expérience.
Il y a eu un moment où cette expérience est devenue une évidence.
Je ne découvrais pas simplement une nouvelle manière de peindre.
Je découvrais une partie de moi-même.
L’émotion ressentie pendant la création trouvait sa traduction dans la force du mouvement. Le geste devenait plus instinctif, plus précis aussi, comme si le corps savait parfois avant l’esprit.
C’est là que le Griffisme™ a commencé à prendre conscience de lui-même.
Non comme une recette.
Non comme une volonté de créer un style.
Mais comme la reconnaissance d’un langage qui était progressivement apparu dans ma peinture.
J’ai compris que ce qui me faisait vibrer était cette rencontre entre un état intérieur et un geste irréversible.
À partir de là, je n’ai plus cherché à faire entrer ma peinture dans une forme préexistante.
J’ai commencé à chercher ce que la peinture pouvait révéler de ce qui se passait en moi.
Le Griffisme™ est né de cette prise de conscience.
Il n’est pas l’aboutissement d’une recherche de style.
Il est la conséquence d’un chemin.